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La dyspraxie : le handicap fantôme

par Sylvie Breton

Dyspraxie
Source : Sylvie Breton, co-auteur du livre Mon cerveau ne m’écoute pas ! Comprendre et aider l’enfant dyspraxique

La dyspraxie est probablement le handicap physique le plus subtil et invisible de tous les handicaps physiques.

Mais qu’est-ce que la dyspraxie ?
La dyspraxie est une atteinte neurologique, présente chez environ 6 % de enfants, se traduisant par un trouble, plus ou moins sévère, de la planification et de la coordination des mouvements, nécessaires à l’exécution d’une action volontaire. Cela se traduit par une difficulté à penser et à organiser une action dans sa tête et à rendre cette action de plus en plus automatique de façon à l’exécuter sans y repenser.

La dyspraxie n’est pas :
- Une déficience intellectuelle
- Une paralysie cérébrale
- Un trouble du comportement
- De la paresse ou du désintérêt
- De la dysphasie ou de la dyslexie

Le drame du handicap invisible:
- Les enfants atteints de dyspraxie semblent généralement « normaux ». Ils ont l’air de bien fonctionner, mais en sont souvent incapables de façon parfaitement autonome. Ils possèdent souvent de bonnes habiletés de langage, certains parlent même beaucoup et ont un bon vocabulaire. Tout de même, dans la généralité des cas, ils sont incapables de bien exprimer leurs pensées et leurs émotions. Pour ces raisons, il survient d’énormes malentendus. En fait, l’invisibilité de ce handicap provoque beaucoup de méprises.

- Les enfants dyspraxiques doivent constamment avoir une famille pour les introduire dans la société et à l’école. De cette invisibilité du handicap naît la difficulté pour les parents à le faire reconnaître.

- S’il est si difficile de percevoir la dyspraxie pour les gens qui côtoient ces enfants, à l’occasion; il est très évident pour les parents que quelque chose «cloche» dès la période préscolaire.


Comment reconnaître les symptômes qui nous permettront d’en arriver à consulter pour obtenir un diagnostic éventuel ?
- Mon enfant est souvent maladroit. Il renverse, casse, échappe, et souille ce qu’il touche.
- Mon enfant n’arrive pas à s'habiller, se laver, s'essuyer correctement.
- Mon enfant mange gauchement et n'arrive pas à couper ses aliments.
- Mon enfant égare et oubli ses effets personnels et n’arrive pas à les ranger et à les organiser.
- Mon enfant n’aime pas les jeux de stratégies, de construction et les casse-tête.
- Mon enfant a beaucoup de mal à écrire et ses dessins sont très pauvres et inadéquats pour son âge. Ce problème demeure permanent malgré tous les efforts.
- Mon enfant ne peut se servir de ciseaux correctement.
- Mon enfant oublie les instructions et consignes, pour toutes les tâches scolaires.
- Mon enfant a du mal à envoyer et à attraper un ballon et il lui est difficile de pédaler à vélo.

Comme maman d’un enfant dyspraxique, avant de pouvoir observer tous ces symptômes qui arrivent souvent vers l’âge de 2 ou 3 ans, j’ai pu observer que mon enfant avait parlé tardivement et difficilement. Nous avons, donc, suivi un programme offert aux parents pour aider leurs enfants à développer ses habiletés de langage. Il s’agit de la méthode Hanon qui est souvent dispensée par les CLSC. Ma fille a également rampée et marchée à quatre pattes beaucoup plus longtemps que les standards de normalité. Avec le recul, sachant que la dyspraxie est un trouble moteur ; c’était déjà les premiers symptômes de la dyspraxie. Bien entendu, tous les enfants qui parlent et marchent tardivement ne sont pas atteint de dyspraxie mais sachez que nous avons un instinct de maman qui dépasse parfois les technicalités de spécialistes. C’est pourquoi, il ne faut pas hésiter à consulter un neuropédiatre plutôt qu’un médecin de famille lorsqu’on a de forts doutes que notre enfant puisse être atteint de dyspraxie. Plus le diagnostic sera fait tôt ; plus votre enfant pourra aller en réadaptation rapidement.

Idéalement, le diagnostic doit être posé avant l’entrée à l’école.
CONCRETEMENT…

- L’enfant dyspraxique a une mémoire incroyable, surtout pour ce qu’il apprend avec son cœur… ou par cœur…Par contre sa mémoire est divisée par boîtes qui n’ont aucuns liens entre elles. Il y a plein de connaissances qui s’empilent et s’emmêlent à travers un capharnaüm incroyable.

- Il n’y a pas de fil d’Ariane… qui permet une classification et une organisation de ces connaissances par catégorie.

- C’est souvent les derniers apprentissages ou les sujets traités récemment qui ressurgissent au moment d’un questionnement chez ces enfants.
Par exemple, l’enfant a lu l’histoire d’une jeune fille qui pratiquait avec passion le patin artistique. Si on lui demande quel est son sport préféré, il est probable qu’il vous affirme que c’est le patin. Il se sert des dernières informations reçues pour les intégrer dans sa propre vie.

- L’enfant dyspraxique n’a pas ce qu’il faut pour processer les informations de façon à les inter reliées de façon cohérente. Il peut connaître l’histoire d’un livre par cœur et être incapable de la raconter par séquences logiques.
Lorsqu’il écrit, son histoire est dans sa tête en un bloc mais il s’y perd pour la mettre sur papier.

- Cet enfant vous demandera d’être patient lorsqu’il vous explique quelque chose; les idées sortiront de façon décousues et sans aucun lien entre elles. Il vous faudra faire du ménage à travers tout cela et retourner questionner l’enfant pour établir le fil d’Ariane…

- Au plan socio-affectif, il sera très craintif et déstabilisé devant la nouveauté et aura une faible tolérance à la frustration. On remarquera aussi de la maladresse en relation avec les autres. Il manquera de censure verbale ou physique et agira de façon parfois inadéquate pour le moment vécu.
Pour en savoir plus…

Le LIVRE de Sylvie Breton est disponible en boutique. Pour vous le procurez, cliquez ici

Un site Internet canadien (section en français) destiné aux parents et intervenants : www.canchild.ca

Bonne route!

Sylvie Breton, mère d’une adolescente dyspraxique et vice présidente de l’Association québécoise pour les enfants dyspraxiques.
ou visitez son blogue

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